Décret BACS : obligation GTB à 70 kW, échéance reportée à 2030
GTB · Systèmes d'automatisation et de contrôle

Décret BACS : êtes-vous concerné, et à quelle échéance ?

Mis à jour le 18 août 2026

En bref — le décret BACS impose l'installation d'un système d'automatisation et de contrôle — en pratique, une GTB — dans les bâtiments tertiaires dont les systèmes de chauffage ou de climatisation dépassent une certaine puissance. Le texte de base est le décret n° 2023-259 du 7 avril 2023. Deux seuils s'appliquent : 290 kW depuis le 1er janvier 2025, et 70 kW à compter du 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants — cette seconde échéance, initialement fixée au 1er janvier 2027, ayant été reportée par le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025.

Cette page corrige une date encore largement erronée en ligne, puis explique ce que l'obligation recouvre concrètement et pourquoi elle sert directement votre trajectoire OPERAT.

La date que presque tout le monde donne encore fausse. L'échéance des 70 kW n'est plus le 1er janvier 2027. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025, entré en vigueur le lendemain de sa publication, l'a reportée au 1er janvier 2030 pour les bâtiments existants. Ce même décret a également décalé les obligations relatives à la régulation de température et au calorifugeage des réseaux, avec une distinction entre construction neuve (1er janvier 2027) et bâtiments existants (1er janvier 2030). Si un prestataire vous vend aujourd'hui une urgence datée de 2027, la date sur laquelle il s'appuie n'est plus en vigueur.

Décret BACS : qui est concerné ?

Le décret BACS s'applique aux bâtiments à usage tertiaire — bureaux, commerces, santé, enseignement, hôtellerie, sport, culture, logistique — équipés de systèmes de chauffage, de climatisation, ou de ventilation combinée à l'un des deux, dont la puissance nominale utile dépasse le seuil applicable.

Puissance des systèmesBâtiments existantsBâtiments neufs
Supérieure à 290 kW1er janvier 2025 — échéance échue, inchangéeDès la construction
De 70 à 290 kW1er janvier 2030 — reportée depuis le 1er janvier 2027Dès la construction
Inférieure à 70 kWNon concernéNon concerné
Sources : décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 ; décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025.

Le seuil s'apprécie au niveau du bâtiment et par cumul des générateurs : plusieurs chaudières ou groupes froids de puissance unitaire modeste peuvent ensemble franchir les 70 kW. À titre de repère, un bâtiment tertiaire d'environ 1 500 m² correctement chauffé se situe fréquemment dans la fourchette 70–150 kW.

Ce que le système doit savoir faire

Le texte n'impose pas une marque ni une technologie, mais un niveau de fonctionnalité. Le référentiel usuel est la norme NF EN ISO 52120-1, dont la classe B constitue le niveau de référence attendu.

  • Suivre, enregistrer et analyser en continu les consommations d'énergie du bâtiment, par usage.
  • Détecter les dérives de consommation et alerter le responsable de l'exploitation.
  • Permettre le pilotage et la régulation des systèmes techniques depuis un point central.
  • Assurer l'interopérabilité entre les équipements et les protocoles présents dans le bâtiment.

La classe A, plus exigeante, ouvre droit à une bonification dans le cadre des certificats d'économies d'énergie. C'est un arbitrage à faire au moment du chiffrage, pas après.

Les exemptions

Une exemption est possible lorsqu'une étude démontre que l'installation d'un système d'automatisation et de contrôle ne peut être réalisée dans un temps de retour sur investissement raisonnable. Trois points méritent l'attention.

  • L'exemption ne se déclare pas : elle se démontre, par une étude conservée et opposable.
  • Le calcul doit intégrer les aides mobilisables, notamment au titre des certificats d'économies d'énergie, qui réduisent sensiblement le temps de retour.
  • Une exemption acquise à un instant donné n'est pas définitive : elle se réexamine en cas d'évolution du bâtiment ou de ses systèmes.

Ce que l'on risque

Le non-respect expose à une amende administrative du même ordre que celle du décret tertiaire : jusqu'à 7 500 € pour une personne morale et 1 500 € pour une personne physique. Comme pour le décret tertiaire, l'enjeu financier direct n'est pas le principal : l'absence de conformité se rencontre de plus en plus souvent comme point bloquant lors d'une cession, d'un refinancement ou d'une négociation de bail.

Pourquoi cette obligation sert votre trajectoire OPERAT

Il serait dommage de traiter le décret BACS comme une contrainte de plus. Le décret tertiaire fixe une obligation de résultat — réduire les consommations. Le décret BACS impose un moyen — savoir ce que l'on consomme, où, et quand. Les deux se répondent.

Dans la pratique, l'installation d'une GTB correctement paramétrée et, surtout, réellement exploitée figure parmi les actions les plus rentables du plan d'actions d'un bâtiment tertiaire : réglages horaires, arrêt des équipements hors occupation, détection des dérives. Le gain se lit dès l'année suivante dans la déclaration OPERAT, avec un temps de retour souvent compatible avec les seuils de disproportion économique — ce qui, accessoirement, rend difficile de l'écarter dans un dossier de modulation.

Le bon ordre. Une GTB installée mais non exploitée ne produit aucune économie : elle coche une case réglementaire et rien de plus. Le paramétrage, la définition des alertes et la revue périodique des dérives sont ce qui transforme l'obligation en gain. C'est un point à contractualiser dès l'installation.

Ce qu'il est utile de faire dès maintenant

  1. Relever la puissance nominale utile des générateurs de chauffage et de froid, bâtiment par bâtiment. C'est une donnée de plaque, pas une estimation.
  2. Classer votre patrimoine selon les trois cas du tableau ci-dessus, et identifier les bâtiments déjà en infraction sur le seuil des 290 kW.
  3. Chiffrer l'installation ou la mise à niveau, aides comprises, pour les bâtiments de la tranche 70–290 kW : le report à 2030 laisse le temps de bien faire, pas de ne rien faire.
  4. Articuler ce chiffrage avec votre trajectoire OPERAT, plutôt que de conduire les deux sujets séparément.
Textes de référence
  • Décret n° 2023-259 du 7 avril 2023 relatif aux systèmes d'automatisation et de contrôle des bâtiments tertiaires.
  • Arrêté du 7 avril 2023 relatif aux systèmes d'automatisation et de contrôle des bâtiments tertiaires.
  • Décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 modifiant les dates d'application des obligations relatives aux BACS, à la régulation de température et au calorifugeage des réseaux.
  • CCH, articles R. 175-1 et suivants. Norme NF EN ISO 52120-1.
Questions fréquentes

Vos questions sur le décret tertiaire

Seuils, dates et exemptions — sans les erreurs qui circulent.

En 2030 pour les bâtiments existants. Le décret n° 2025-1343 du 26 décembre 2025 a reporté cette échéance, initialement fixée au 1er janvier 2027, au 1er janvier 2030. De très nombreux contenus en ligne n'ont pas été mis à jour.

Elle est inchangée : le 1er janvier 2025. Les bâtiments concernés qui ne sont pas équipés sont donc déjà en situation de non-conformité, et ce report ne les concerne pas.

Sur la puissance nominale utile des systèmes de chauffage ou de climatisation du bâtiment, y compris lorsqu'ils sont combinés à la ventilation. Il s'apprécie au niveau du bâtiment, en cumulant les générateurs.

Le niveau de référence usuellement retenu correspond à la classe B de la norme NF EN ISO 52120-1. La classe A, plus performante, ouvre des bonifications au titre des certificats d'économies d'énergie.

Oui, en démontrant par une étude que l'installation n'est pas réalisable dans un temps de retour sur investissement raisonnable. L'exemption doit être justifiée et documentée — elle ne se déclare pas.

Ce sont deux obligations distinctes, mais complémentaires : le décret tertiaire fixe un objectif de résultat, le décret BACS impose un moyen de pilotage. En pratique, une GTB correctement exploitée est l'un des leviers les plus rentables pour tenir la trajectoire OPERAT — souvent avec un temps de retour de quelques années.

Oui. Les bâtiments neufs doivent intégrer un système conforme dès leur construction : le report de 2027 à 2030 vise les bâtiments existants.

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